La religiosité enseignante et les pratiques d’évaluation à l’école primaire au Brésil

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Gabriela Abuhab Valente

Résumé

La modernité ou la postmodernité voit le phénomène religieux comme une dynamique en mutation constante, une pulsation latente qui se révèle dans le pluralisme et/ou le syncrétisme de foi et croyances. Au Brésil, ce processus s’illustre par des recherches statistiques qui ne permettent pas de rendre compte de la religiosité active et prégnante de la population. Cet article a pour but d’exposer, à partir d’une étude exploratoire, l’interférence entre des dynamiques religieuses du Brésil et les pratiques professionnelles d’évaluation mises en œuvre par deux enseignantes de l’école primaire. Pour cela nous nous appuierons sur la sociologie de la religion au Brésil et sur les théories de la socialisation pour éclairer l’enquête de terrain menée dans le cadre d’une recherche sur les pratiques enseignantes et la religiosité enseignante au Brésil. Cette étude a permis d’identifier que certaines logiques d’action des enseignants peuvent être comprises par leur socialisation religieuse, que leur jugement évaluatif découle d’une hybridation d'éléments religieux et sécularisés, et, également, que les enseignants ne prennent pas en compte l’hétérogénéité religieuse des élèves. La présence de la religiosité enseignante dans la pratique professorale est naturalisée par des modèles de politiques publiques et de laïcité ouverte. Ces derniers corroborent la « revanche du sacré » dans la société brésilienne, peuvent favoriser la cohabitation et inspirer le syncrétisme mais aussi engendrer des conflits et imposer une assimilation basée sur la discrimination.

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